Les additifs alimentaires à éviter

Écrit par Marie Allard / La Presse + (Québec)Ramène ta fraise

30 Août, 2019

On consomme des additifs alimentaires – omniprésents dans les produits ultra-transformés – du matin au soir. Au petit-déjeuner, nos céréales contiennent de la lécithine de soja. Au dîner, nos tortillas sont agrémentées de pyrophosphate. Au souper, notre sauce sriracha renferme du sorbate de potassium, du bisulfite de sodium et de la gomme xanthique. Quels additifs vaut-il mieux éviter ?

  

Pour éviter les pains industriels, vous décidez de faire vos propres miches. Vous allez au supermarché acheter de la levure. Surprise : la levure contient du mystérieux « monostéarate de sorbitan ».

Une recherche dans le comparateur d’additifs alimentaires publié sur le site internet Que choisir, de l’Union fédérale des consommateurs (UFC) de France, vous ôte le goût du pain.

Bien qu’il aide les produits de boulangerie à prendre un joli volume, le monostéarate de sorbitan est un émulsifiant jugé « peu recommandable ». Des études réalisées sur des souris suggèrent que la consommation d’émulsifiants « pourrait occasionner une augmentation de la perméabilité de la barrière intestinale et favoriser ainsi les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, une adiposité accrue (syndrome métabolique) et le développement de diabètes », explique notamment l’association.

Plus de 300 additifs alimentaires sont autorisés en France. Du lot, 87 sont à éviter ou peu recommandables, selon un bilan dressé en octobre par l’UFC, après avoir passé en revue des études publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), etc. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) procède d’ailleurs actuellement à « la réévaluation de tous les additifs alimentaires ayant été autorisés dans l’Union européenne avant le 20 janvier 2009 ».

450 ADDITIFS AU CANADA

Chez nous ? « Environ 450 additifs alimentaires différents sont autorisés au Canada », indique Geoffroy Legault-Thivierge, agent de relations avec les médias à Santé Canada. Ce nombre ne comprend pas les vitamines, les minéraux, les épices, ni même les composants des emballages des aliments.

Les additifs sont particulièrement nombreux dans les produits ultratransformés, puisqu’ils permettent de rehausser le goût, de créer des textures agréables et des couleurs attirantes, malgré l’utilisation d’ingrédients de base peu variés et bon marché.

« Il faut reconnaître que les Européens sont les plus stricts et, habituellement, les plus prompts à réglementer, note Sébastien Sauvé, professeur au département de chimie de l’Université de Montréal. Au Canada, ce serait l’Agence d’inspection des aliments (ACIA) qui serait interpellée – mais elle est certainement moins sévère qu’en Europe… »

L’évaluation du risque de l’effet cocktail – causé par l’accumulation de divers additifs – pose notamment problème.

Une seule pizza surgelée peut contenir plus de 30 additifs.

— Selon un rapport présenté en septembre par la Commission d’enquête sur l’alimentation industrielle, en France

Dans les yogourts aromatisés, l’industrie utilise des correcteurs d’acidité pour produire un goût homogène, des arômes pour que le goût dure jusqu’à la date de péremption et des texturants pour répartir également les morceaux de fruits, a expliqué Sarah Bourbié-Vaudaine, du groupe Danone, en audition devant cette Commission.

ÉVITER TOUT, SAUF LES CONSERVATEURS

Faut-il s’inquiéter de consommer ces multiples additifs ? Anne Charest, étudiante en nutrition à l’Université de Montréal, a analysé 28 articles scientifiques portant sur les effets sur la santé des quelques additifs alimentaires (émulsifiants, édulcorants, phosphates, colorants et nitrites), dans le cadre d’un minimémoire présenté en janvier. Elle a recensé des impacts potentiels sur le cancer, les maladies inflammatoires des intestins, le microbiote, le diabète de type 2, le poids, l’ostéoporose, les maladies rénales, etc. D’autres recherches sont évidemment nécessaires.

Comment trancher ? Jean-Claude Moubarac, professeur au département de nutrition de l’Université de Montréal, suggère de tolérer les additifs qui servent à la conservation et d’éviter les autres, qu’il qualifie de cosmétiques. « Pour connaître la fonction des additifs, on utilise le Codex Alimentarius de l’OMS », conseille-t-il.

Prenons l’exemple d’une boîte de conserve de lentilles de marque Compliments, qui contient du chlorure de calcium, de l’edta disodique et de l’acide citrique. Ces additifs peuvent avoir une fonction de conservation. « On ne considère pas ce produit comme ultratransformé, bien qu’à mon avis, il est préférable de choisir des légumineuses avec moins d’additifs », indique Jean-Claude Moubarac.

C’est souvent possible en choisissant la version biologique, puisque seuls 55 additifs alimentaires sont permis en production biologique au Canada.

« Malheureusement, il n’y a parfois pas de solutions de rechange. La crème 15 % ou 35 %, je n’arrive pas à en trouver sans émulsifiant. »

— Anne Charest, étudiante en nutrition à l’Université de Montréal

Suite de l’article sur La Presse

 

 

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