Vaisse plastique dans les cantines : quels risques pour nos enfants ?   

 

Écrit par JC Nathan / l'Observatoire des alimentsRamène ta fraise

28 Août, 2019

Jérôme Santolini, scientifique et parent d’élève à Bordeaux, appelle les familles à se mobiliser contre l’omniprésence du plastique dans les cantines scolaires.

Parents d’élèves, ils ont été les premiers à dénoncer, il y a près de deux ans, l’omniprésence du plastique dans les cantines scolaires de Bordeaux : celui-ci était présent dans les assiettes, dans les poches de cuisson sous vide et dans les barquettes de réchauffage. Synonyme de progrès technique pendant les Trente Glorieuse, ce matériau est désormais reconnu comme un perturbateur endocrinien, responsable de l’augmentation de l’infertilité, de troubles de comportement, de l’obésité, ou encore favorisant certains cancers (sein, testicules, prostate…).

Jérôme Santolini, secrétaire de l’association, est aussi chercheur en biochimie et responsable du laboratoire Stress Oxydant et Détoxication au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives. Coauteur du livre « Pas de plastique dans nos assiettes » (éditions du détour), il explique pourquoi il est urgent d’en finir avec ce polluant qui contamine nos enfants, et invite tous les parents à se mobiliser.

Comment le plastique s’est-il invité dans les cantines ?

Il y a une trentaine d’années, la plupart des cantines étaient en « liaison chaude ». C’est-à-dire que les plats étaient fabriqués le jour-même et transportés chauds dans les cantines. Pour des questions de contamination bactérienne, les pouvoirs publics ont cherché à sécuriser le process.

On est alors passé en « liaison froide » : les plats sont préparés à l’avance, refroidis, acheminés vers les cantines dans des véhicules frigorifiques. Ce process minimise effectivement le risque de contamination au cours du transport, mais il repose sur l’usage massif de barquettes en plastique jetables. A cette époque, la santé publique était tournée vers le risque bactériologique.

De même, pour faire des économies, on a centralisé de plus en plus les cantines. Vous voyez le film « L’aile ou la cuisse avec Louis de Funès, l’usine Tricatel ? Eh bien c’est ça : l’industrialisation des repas a aussi touché les cantines. Et dans ce monde où l’on stocke, on jette, on fait des économies d’échelle, le plastique offre une solution technique.

Pourquoi est-ce dangereux ?

Le plus étonnant, c’est qu’on ne se soit pas demandé, il y a 30 ans : « Est-ce dangereux ? » A l’époque de la technologie triomphante, le plastique a joui d’une image qui ne correspond pas à la réalité. La réalité, c’est qu’à la différence du verre ou de l’inox, ce matériau n’est pas inerte. Il s’use rapidement, se casse, part à la poubelle… En corollaire, il relargue des composés, soit par dégradation – ce sont par exemple les microbilles de plastique qu’on retrouve dans les bouteilles d’eau – soit par libération de molécules chimiques, particulièrement à la chaleur et au contact de produits acides ou gras.

A Bordeaux, on a bien vu sur les fiches techniques et les déclarations de conformité qu’un lot de poches de plastique perd environ 1 gramme après passage en cuisson. Un gramme qui finit dans l’assiette de nos enfants. Or on ne sait pas précisément ce que contient le plastique, puisqu’il n’y a pas de contrôle sanitaire. On sait juste qu’il contient beaucoup d’impuretés, et ce qu’on appelle des NIAS (Non-Intentionally Added Substances), ou substances ajoutées non intentionnellement, qui utilisés lors de la synthèse dont on ignore la nature et les effets.

Puis il y a ce qu’on ajoute… plein de choses ! Un consortium de trois laboratoires universitaires a recherché tous les additifs présents dans les plastiques alimentaires et il a estimé leur nombre à 4.000 molécules ! Parmi lesquelles le bisphénol A, qu’on a retrouvé dans les assiettes de nos enfants à Bordeaux, et les phtalates, retrouvés dans les poches de cuisson. Ce sont des perturbateurs endocriniens. Mais il y a aussi quantité de molécules pour lesquelles on n’a pas de données toxicologiques.

Lire la suite de l’interview sur L’Obs. 

 

 

 

 

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